Difficile d’avoir de la relève en politique municipale
La municipalité de Saint-Alexandre-des-Lacs Photo courtoisie - Mathieu Pilote
Le 21 août dernier, la municipalité de Saint-Alexandre-des-Lacs diffusait un avis public d’élection pour annoncer que les postes de conseillers 1, 4 et 6 de son conseil municipal étaient ouverts aux candidatures, en vue d’un scrutin qui aurait lieu en octobre.
Cette annonce signifie que trois conseillers quitteront leurs fonctions au cours de l’automne. Le maire de la municipalité, Nelson Pilote, affirme toutefois que ces départs surviennent pour des raisons différentes les unes des autres.
« Il y a un conseiller qui quitte pour des raisons de maladie. L’autre personne mentionnait qu’elle ne se sentait pas respectée par les membres du conseil et le troisième conseiller quitte pour des raisons personnelles et familiales. »
Monsieur Pilote explique que le départ de ces trois personnes représente un enjeu, dans la mesure où leurs sièges devront être pourvus et que la relève se fait rare.
« J’espère juste que nous allons trouver des personnes prêtes à s’impliquer, parce que c’est difficile à trouver, en ce moment. Quand il y a eu les élections à l’automne 2025, ç’a tout pris pour remplir nos sièges. C’est ce qui se passe en ce moment. On ne panique pas non plus, la période de mise en candidature est déjà commencée et les élections auront lieu juste avant celles du Québec, au début du mois d’octobre. »
Il précise que les élections ne sont pas une certitude, dans la mesure où trois personnes peuvent déposer leur candidature pour les trois sièges et se faire élire par acclamation.
Néanmoins, tout est possible, puisque plus d’une personne pourrait briguer le même siège. Sans faire preuve d’alarmisme, Nelson Pilote invite les citoyens à s’impliquer.
« Il faut que les gens s’impliquent, parce que, s’il n’y a pas suffisamment de personnes pour remplir ces postes, on risque d’être mis sous tutelle. Si on ne veut pas être géré par les autres, on doit s’impliquer. »
Le mot d’ordre ?
« Activons-nous. Sinon, il y en a qui vont s’activer pour nous. C’est le message que je veux transmettre à la population. C’est notre municipalité. Le travail qu’on y fait, c’est pour nous et les personnes qui siègent au conseil ne sont pas irremplaçables. Ça prend toujours un plan B et quand nous n’en avons pas, on est à risque de se retrouver sous tutelle. Ça voudrait dire qu’une personne de l’extérieur viendrait ici pour gérer la municipalité pendant un certain temps. Combien pensez-vous que cela coûterait? Si on ne veut pas non plus être confronté à des fusions de municipalités, il faut que les gens s’impliquent. »
Nelson Pilote, qui espère se trouver un remplaçant d’ici un an, est bien au fait de l’ampleur des responsabilités qui incombent à un acteur du milieu municipal.
« C’est ma 21e année au conseil et ça fait 13 ans que je suis maire. Aux élections l’an dernier, personne n’a brigué la mairie et je ne voulais pas abandonner la municipalité, qui est jeune et en santé financièrement. Je ne voulais pas la laisser à l’abandon d’un coup sec comme ça. »
C’est ce qui l’a mené à se représenter l’an dernier, cette fois avec la volonté d’être remplacé en cours de mandat.
« Être maire, c’est demandant. Il faut être disponible, ce n’est pas seulement une question de tenir une assemblée et de la présider. On a des décisions à prendre, des informations à apporter, ainsi qu’un rôle à jouer auprès de la MRC. Toutes les décisions que l’on prend impactent directement toutes les municipalités de la MRC de La Matapédia. Il faut quand même avoir une tête sur les épaules et être capable de penser dans le bon sens, tout en protégeant sa municipalité. »
Dans un monde où tout va toujours plus vite
Monsieur Pilote concède toutefois que le rythme de la vie d’aujourd’hui rend l’implication citoyenne difficile.
« Si tu organises des activités de bénévolats ou quoi que ce soit, personne n’a le temps, on roule tous à 100 milles à l’heure et je comprends. C’est, entre autres, la réalité des jeunes familles. Les enfants ont toujours des activités. »
Il précise cependant qu’un conseiller n’a pas à porter plus d’un chapeau à la fois.
« Il faut savoir qu’il est possible de devenir simplement conseiller. Ce n’est pas nécessaire d’être dans les loisirs ou un autre département. Ce n’est pas une obligation », conclut-il.
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