Le député de Rimouski-La Matapédia, Maxime Blanchette-Joncas, hausse le ton contre le gouvernement fédéral. Il exhorte le premier ministre Mark Carney à refuser tout nouveau compromis touchant les producteurs et transformateurs laitiers du Québec et du Bas-Saint-Laurent dans le cadre des négociations commerciales avec les États-Unis.
Selon le parlementaire bloquiste, le gouvernement libéral s’apprêterait à ouvrir davantage le marché canadien aux produits laitiers américains. « Les libéraux seraient une fois de plus en voie de trahir notre industrie laitière en négociant avec Washington un accès accru aux marchés canadien et québécois pour les producteurs laitiers étatsuniens », appréhende-t-il. Il dénonce aussi le fait que les fromages et yogourts américains viendraient concurrencer directement les produits québécois et canadiens sur les tablettes des supermarchés.
Pour M. Blanchette-Joncas, sa crainte s’inscrit dans une série de reculs qu’il attribue au gouvernement Carney face à l’administration Trump : les concessions en matière de culture, les revenus tirés du pont Gordie-Howe, l’abandon des contre-tarifs et bientôt, selon lui, une pression pour que les provinces mettent fin à leur boycottage de l’alcool américain.
Promesse non tenue ?
Le député rappelle que le premier ministre du Canada s’était engagé à défendre la gestion de l’offre. Il souligne que cet engagement aurait même été pris directement auprès de Daniel Gobeil, candidat libéral dans Chicoutimi-Le Fjord, qui réclamait cette protection aux côtés du Bloc québécois.
« Les Québécois et les Canadiens demandent à Mark Carney de se tenir debout, mais il ne cesse de capituler sans rien obtenir en retour », déclare M. Blanchette-Joncas, qui somme le premier ministre de respecter sa parole et de ne rien céder dans ce dossier.

Modification des quotas ?
Des informations rapportées par Le Globe and Mail et La Presse indiquent que le Canada aurait accepté une demande de l’administration Trump visant à modifier la répartition des quotas laitiers sur le marché canadien. Une telle décision imposerait un changement à la réglementation canadienne sous la pression de Washington, au bénéfice des producteurs américains.
Du côté des Producteurs de lait du Canada, la réaction a été vive. Dans une déclaration à La Presse canadienne, l’organisation a prévenu que « notre souveraineté alimentaire n’est pas à vendre ».
Secteur vital pour le Bas-Saint-Laurent
Au-delà des enjeux politiques, le dossier touche directement l’économie régionale.
La production laitière constitue un pilier économique du Bas-Saint-Laurent, où près de 500 fermes génèrent plus de 400 millions $ en valeur de production, représentant environ 54 % des revenus agricoles locaux.
Un secteur déjà mis à contribution
Maxime Blanchette-Joncas rappelle que ce n’est pas la première fois que le secteur laitier écope dans le cadre d’accords commerciaux internationaux. Il cite les trois grandes ententes signées par le Canada, soient l’ACEUM (Accord États-Unis-Canada-Mexique), l’AECG (Accord économique et commercial global) et le PTPGP (Accord de partenariat transpacifique global et progressiste), comme autant d’occasions où, à son avis, des entrepreneurs majoritairement québécois ont fait les frais d’ententes profitant à d’autres secteurs économiques ailleurs au pays.
« Voilà ce qui risque encore de se produire si Mark Carney accorde aux États-Unis un accès facilité à notre marché pour leurs produits laitiers », appréhende-t-il, estimant que le premier ministre place « l’économie du Québec et le gagne-pain de milliers de familles de chez nous » sur la table des négociations avec Donald Trump.
Le Bloc québécois entend maintenant suivre de près l’évolution des pourparlers commerciaux entre Ottawa et Washington, alors que, selon le parti, le sort de la gestion de l’offre demeure un enjeu central pour l’avenir du secteur agricole québécois.
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