Dans cette série, L’Avant-Poste présentera quelques municipalités de la MRC de La Matapédia qui ne se retrouvent pas souvent dans les nouvelles. Cette semaine, nous avons visité Albertville, située au sud-ouest de la MRC. C’est l’une des plus élevées de la région et son histoire remonte au début des années 1900.
Deux dames, munies de balais, nettoient le terrain de mini-golf qui pourra bientôt être utilisé. Le vent caresse leur chevelure grisâtre.
Charline et Guylaine Chabot sont deux sœurs âgées de 71 ans et 67 ans, nées à Albertville. « Mon grand-père est venu s’installer ici quand mon père avait 6 ans, se rappelle Charline. Il est venu défricher des terres données par le gouvernement. »
D’après le site de la municipalité, les premiers colons se sont installés en 1899 et, en 1910, neuf familles étaient installées, attirées par la forêt et ses possibilités de revenus. En 1956, la population tournait autour de 1100 personnes.
Ces femmes sont les seules de la famille à être restées sur leurs terres natales. Les autres ont déménagé à Causapscal, à Montréal, à Gatineau ou ailleurs. « Ce qui nous fait rester, c’est l’attachement », indique la plus vieille des deux, vêtue d’une robe rayée noir et blanc. Elle trouve l’endroit sécuritaire, vante les beaux paysages, mais surtout le calme. « On a la paix », s’exclame-t-elle.

D’ailleurs, quelques nouvelles familles se sont installées dans la municipalité. « Avant, tous les enfants se connaissaient et les parents aussi, dit la sœur aînée. Il y a quelques nouvelles familles, c’est bien, mais on ne les connait pas beaucoup. »
D’après le portrait statistique d’Albertville réalisé pour la mise à jour de la politique Municipalité amie des aînés (MADA) 2025-2028, 33 % de la population de 2021 était formée par les 60 à 74 ans.
Selon elles, les enfants auraient plutôt tendance à se rendre à Lac-au-Saumon et à Causapscal pour aller voir leurs amis, puisque c’est là où se trouvent les écoles. Le bâtiment scolaire d’Albertville a été mis en vente en 2022, comme c’est le cas dans quelques autres territoires.
En 2022, Albertville comptait 229 habitants, d’après l’Institut de la statistique du Québec.
À cette même année, la municipalité a fêté ses 100 ans, après deux ans à repousser les festivités à cause de la pandémie. Pour l’occasion, la regrettée Monique Landry et d’autres citoyens ont créé un livre qui retrace l’histoire et plusieurs se sont déplacés pour des retrouvailles. Une parade a même mis en valeur les familles qui y sont depuis des générations.

Ces bénévoles qui élèvent la municipalité
À Albertville, le principal enjeu est de trouver de la main-d’œuvre et des bénévoles. « Quand on a besoin de recruter, c’est plus difficile », affirme la directrice générale, greffière et trésorière, Mélissa Hébert. Installée à son bureau, elle dit que c’est impossible de payer les quelques personnes qui offrent de leur temps. « C’est toujours les mêmes qui se trouvent partout », remarque-t-elle.
En fait, Mme Hébert voit cela comme une force, cette « poignée de personnes qui mettent les efforts nécessaires pour garder la municipalité en vie ».
De l’autre côté de la rue se trouve le Garage coop d’Albertville, créé en 2000. Il offre un casse-croûte, une station d’essence et un dépanneur. Ces trois services sont dirigés par la même femme, Jocelyne Brisebois, 52 ans, qui vit à Lac-au-Saumon. Tous les matins, les plus fidèles lui tiennent compagnie.

Elle est gérante depuis trois ans et, depuis quelque temps, sans employé. « Je ne prends jamais de congé, mais là, je ferme pendant une semaine », informe-t-elle, épuisée. La station la plus près se trouve à une dizaine de minutes plus loin, à Causapscal.
Heureusement, la municipalité contribue financièrement à garder ce service de proximité actif.
« Je pense que la paroisse veut évoluer »
« On a un maire qui va chercher beaucoup de subventions », se réjouit Charline. La directrice générale, Mme Hébert, appuie ces propos. « On planifie, on n’attend pas à la minute que le mur s’écroule pour entretenir nos bâtiments et nos chemins. »
Les citoyens sont équipés pour se divertir. Derrière le bureau municipal, il y a un parc coloré pour les enfants, une patinoire durant l’hiver et la bibliothèque est ouverte une fois par semaine, toujours grâce aux bénévoles. D’ailleurs, le 30 août, un atelier éducatif sur les épaulards, donné par le journaliste Jean-Pierre Sylvestre, aura lieu.
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