Que se passe-t-il au Royaume du campeur?
Depuis le 20 juillet, il est impossible d'aller manger à la cantine. Photo Nayeli Chavez
Seulement un mois après la grande ouverture de la cantine Le Rétro du camping Royaume du campeur, situé à Saint-Zénon-du-Lac-Humqui, les trois aspirantes propriétaires Mélanie Pitre, sa sœur Karine Pitre et leur cousine Nicole Tremblay ont fermé le restaurant. Le Rétro était la seule cantine de la municipalité et a reçu plusieurs retours positifs de la part de la clientèle.
Sur les réseaux sociaux et leurs affiches promotionnelles, les trois entrepreneuses disaient fièrement qu’elles formaient la nouvelle administration du camping, en plus de gérer le restaurant.
Par contre, le contrat de vente n’a jamais été notarié, d’après Mme Tremblay et Vic Roy, le propriétaire du camping depuis près de 20 ans. « Le notaire est entré à l’hôpital dans la semaine où on devait se rencontrer », explique M. Roy. Il se serait alors tourné vers un deuxième notaire, mais des complications liées aux documents auraient eu lieu. Dès lors, les femmes se présentaient comme « propriétaires en devenir ».
De plus, d’après Vic Roy, Nicole Tremblay n’aurait jamais figuré sur le contrat d’achat, mais plutôt son conjoint, Renaud Martel.

Surprises sur le site
« Des saisonniers m’ont appelé pour me dire de venir, que ça n’avait plus d’allure », confie M. Roy. En se rendant sur le site du camping, il dit avoir été choqué par des travaux qui auraient été effectués lors de son absence.
Vic Roy affirme que son bâtiment aurait été malmené et que certains équipements ne seraient plus sur les lieux. Plusieurs autres modifications auraient été faites, notamment dans la salle de bain, toujours selon ce dernier. L’homme explique que ces modifications seraient illégales, puisque l’entreprise était encore sous son nom.
De ce fait, les trois acheteuses ne pouvaient encaisser directement les profits générés par le camping.

De son côté, Nicole Tremblay soulève que l’efficacité du matériel aurait laissé à désirer. « Un morceau de la cuisinière de 30 ans nous est resté dans les mains en voulant la nettoyer. » Après avoir laissé Karine, Mélanie et Nicole travailler durant deux mois, soit de mai à juin, Vic Roy serait allé faire un tour au restaurant durant 10 jours et « il trouvait ça super », dit Mme Tremblay.
Il raconte aussi qu’un jeu gonflable avec l’une des toiles déchirées aurait été encore à la disposition des enfants, alors que la sécurité de ces derniers était, à son avis, compromise.
Encouragées à rester ?
Assis sur sa chaise berçante, Vic Roy insiste en disant qu’il ne leur a pas dit de quitter, mais qu’en voyant que des conflits émergeaient entre les cousines et les sœurs, il leur aurait fortement conseillé de laisser aller le projet du Royaume du campeur. « J’ai des saisonniers qui m’ont dit qu’ils voulaient partir à cause de certaines interactions. » Toutefois, il aurait accepté que les trois entrepreneuses continuent de s’occuper de la restauration, tandis qu’il garderait les rênes du Royaume du campeur.
Depuis leur départ, il est impossible d’appeler au Royaume du campeur, puisque le numéro n’est plus fonctionnel. « Je suis en attente pour tout redémarrer », dit-il.
Pour l’instant, très peu d’informations ont été partagées par Nicole Tremblay et les deux sœurs préfèrent attendre avant de donner leur version de l’histoire. Cependant, Mme Tremblay mentionne que ce ne serait pas la première fois que des entrepreneurs essaient de reprendre la bâtisse autrefois était un motel.
Il y aurait eu d’autres potentiels acheteurs
Vic Roy est le propriétaire du camping depuis 20 ans. « Je pense à vendre depuis une dizaine d’années, depuis que je suis seul. Je ne peux plus fournir. »
D’après plusieurs sources, d’autres amoureux de l’entrepreneuriat auraient manifesté leur intérêt à ouvrir un restaurant, mais sans succès. « Ce n’est pas la première fois qu’une situation du genre se passe », mentionne une source anonyme.
Il y a trois ans, par exemple, quelqu’un aurait voulu s’en occuper durant l’hiver. « Ça n’a juste pas fonctionné, je ne peux pas vous dire la raison exacte, dit le propriétaire. Des fois, il ouvrait, des fois, c’était fermé ; il n’a pas été capable. » Il précise qu’aucun contrat n’aurait été signé.
L’an dernier, un autre intéressé aurait laissé tomber le projet à la suite d’une meilleure opportunité d’emploi ailleurs.
En date du 7 août, la situation est entre les mains des avocats des quatre personnes concernées. Pour l’instant, Karine Pitre, Mélanie Pitre et Nicole Tremblay ne souhaitent pas se prononcer sur le sujet.
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