Se baigner à ses risques et périls
Le Lac Matapédia a une superficie de 38 km2. Photo Nayeli Chavez
Chaque été, plusieurs s’étonnent de la présence de cercaires, de petites larves parasitaires, dans le Lac Matapédia, causant la dermatite du baigneur. Les habitants de La Vallée y sont habitués, mais aucune indication claire n’est affichée.
La fin de semaine du 11 juillet, une mère est allée se rafraîchir avec sa famille à la baie à Charlie. Elle a ensuite partagé une photo de la jambe de sa fille, remplie de picots rouges. Elle ne pensait pas qu’à ce moment-ci de l’année, il était possible d’avoir la dermatite du baigneur.
Selon le CISSS des Laurentides, les cas de dermatites du baigneur apparaissent généralement à la fin du mois de juin, à la mi-juillet et parfois jusqu’en septembre.
Paméla Arcand, employée au Parc régional de La Matapédia, précise que l’équipe ne peut pas poser d’affiche qui informe des risques, puisque cela « sous-entendrait qu’on peut se baigner ».
De plus, elle partage avec L’Avant-Poste le message envoyé à ceux qui se questionnent sur cette permission.
« Pour autoriser la baignade, nous devrions notamment offrir des heures d’ouverture précises et assurer la présence de sauveteurs qualifiés pendant toute la période où la baignade est permise. Comme le parc est accessible en tout temps et que nous ne sommes pas en mesure de fermer complètement l’accès au lac en dehors de ces heures de surveillance, nous devons afficher une interdiction de baignade afin de respecter la réglementation en vigueur. »

Au Camping d’Amqui, des hommes pêchent sur leur planche à pagaie. « S’il n’y a pas d’affiche, ça doit être parce qu’on a le droit de se baigner », crie l’un d’eux.
Parmi les quatre messieurs, aucun n’était au courant de la présence de cercaires.
À l’accueil, la réceptionniste précise que le lac n’appartient pas au camping, donc il ne peut pas y faire de la gestion.
« Avant, il y avait des pancartes qui disaient qu’on pouvait [attraper la dermatite du baigneur], mais maintenant il n’y en a plus. »
D’après le CISSS des Laurentides, la dermatite du baigneur est une éruption cutanée. De petits points rouges apparaissent sur la peau et quelques jours plus tard, se transforment en cloches d’eau et créent des démangeaisons durant une à deux semaines.
Quelle en est la cause ?
Invisible à l’œil nu, la larve de la cercaire vit surtout dans le corps des oiseaux, particulièrement ceux des canards.
Des œufs sont pondus dans le tube digestif de ces derniers et sortent à l’aide des selles.
Lorsque les œufs éclosent, les larves se réfugient dans les escargots aquatiques, deviennent des cercaires, puis retournent vers les oiseaux.
Malheureusement, elles s’accrochent parfois au corps des humains. Selon les informations du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, elles pénètrent la peau lors de l’exposition au soleil et y meurent ensuite.
Afin de se protéger la peau, certains se mettent de l’huile sur la peau, en plus de se frotter rigoureusement avec une serviette après la baignade.
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