Si les toiles hommages de RE-créer la VIE constituent un volet important, empreint d’humanité et chargé d’émotion de la démarche artistique de Geneviève Gagné, il n’est pas le seul pan de son projet à en faire autant, en plaçant la mémoire en son centre.
En effet, l’artiste multidisciplinaire matapédienne amorce Acadie – Récolter les traces, un projet de recherche et d’exploration artistique.
« RE-créer la VIE est mon concept de base, mais il est très vaste. […] Mon autre gros projet concerne l’Acadie et les Acadiens : les traces, la mémoire, mais surtout les personnes. Comment est-ce que les Acadiens d’aujourd’hui perpétuent la mémoire acadienne? »
Pour aborder cette question, madame Gagné souhaite écrire un livre et concevoir une exposition photographique.
« Je suis allée à l’Université de Moncton, qui comprend un centre de recherche sur l’Acadie, ainsi que le fonds d’Antonine Maillet, qui a écrit La Sagouine et celui de Viola Léger, qui était l’interprète de la Sagouine. »
L’artiste a ainsi pu avoir accès aux archives de l’Université, qui lui permettront de faire une œuvre RE-créer la VIE sur ces sujets. Son passage lui a aussi permis de constater l’engouement des Acadiens envers son projet.
« J’ai vraiment été accueillie par les gens. Ils ont vu que j’étais intéressée et ils m’ont donné des livres, au lieu de me les vendre. »
C’est aussi un projet qui trouve écho auprès des plus jeunes, comme madame Gagné l’a découvert en interviewant les membres du groupe de musique country acadien, Moyenne Rig, qui ont entre 18 et 22 ans.
En trois phases
Acadie – Récolter les traces se décline en trois phases. La première concerne l’Acadie au Nouveau-Brunswick. La deuxième concerne la déportation et la troisième permettra à l’artiste de faire une résidence artistique en Louisiane.
« J’aimerais y faire un mois de création. Ce sera lors de ma retraite. »
La générosité des Acadiens pour parler de l’Acadie et la passion de sa mère pour cette région font partie des aspects qui motivent l’artiste dans son entreprise.
« Ma mère aimait beaucoup l’Acadie. Elle avait un attachement pour cette nation. On me demande souvent si je suis de descendance acadienne pour autant aimer ça? Je sais que, du côté des Gagné, non, mais peut-être du côté de ma mère, qui était une Ayotte. »
Quoi qu’il en soit, Geneviève Gagné ne compte pas perdre son intérêt.
« Je trouve que c’est à la fois beau et triste ce qu’ont vécu les Acadiens. Je trouve que c’est important de le mettre en lumière. C’est toujours mon but. Je ne veux pas que ça s’éteigne ou que ça disparaisse. C’est un peu le fil conducteur de tout ce que je fais. Je veux que des traces demeurent. »
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.