S’entraider pour sauver le bétail
Les animaux sont dans un enclos moins spacieux et ne peuvent pas se promener. Photo Nayeli Chavez
Plus de 100 vaches ont été relogées grâce à ceux qui se sont serré les coudes pour venir en aide à Régis Michaud et son fils, Jean-Sébastien, à la ferme Glorémi de Saint-Zénon-du-Lac-Humqui. Le 9 juin, une partie de l’étable de leur ferme est passée au feu.
Vers 16 h, un nuage de fumée a habillé le ciel. « Mon fils a vu de la boucane à environ 1,5 km du champ où il travaillait. Je n’ai pas trouvé ça normal », raconte le producteur de bœufs, Serge Lévesque.
Le pompier à temps partiel de la municipalité s’est rendu sur les lieux pour préparer l’arrivée de ses collègues. En tout, 25 pompiers des casernes de Causapscal, Lac-au-Saumon et Amqui ont contribué à contrôler les flammes logées dans le pignon de l’étable. L’un des ventilateurs du plafond a été touché, en plus d’un tracteur, d’après le chef du Service d’incendie de la MRC de la Matapédia, Ghislain Paradis. Le feu aurait été contrôlé vers 19 h et l’opération aurait duré deux heures.
« Quand les pompiers sont arrivés, continue Serge Lévesque, ils nous ont dit de sortir du bâtiment et de fermer les portes, parce que ça allait s’effondrer. » La consigne a été ignorée. « J’ai dit à Régis qu’il fallait sortir les vaches. »
En sortant le bétail, les deux hommes se sont rendu compte que des gens de tous âges, agriculteurs ou non, étaient en train de les aider. « Il y avait une clôture humaine. C’était incroyable », se souvient le producteur de bœufs.
Il estime qu’il y avait une centaine de personnes qui aidaient et regardaient.
« En soirée, Régis m’a dit “Je ne pensais pas que j’avais de bons voisins de même “ », confesse M. Lévesque, le sourire aux lèvres et le regard baissé.
Les bovins ont été dispersés dans environ huit fermes, allant du voisin jusqu’à Saint-Ulric, à l’aide de transporteurs. Le dernier voyage a été fait à 23 h 15.
« Entre producteurs, on doit être solidaire »
La ferme Humqui, située de l’autre côté du chemin, a accueilli 24 vaches en production et une dizaine en tarissement. « On avait un peu de place, mais pas tant que ça, précise le copropriétaire, Jean-Philippe Michaud. On a mis des vaches en période de tarissement en avance et l’on a envoyé des plus vieilles un peu plus tôt à l’abattoir. »
Les bêtes de la ferme Glorémi avaient l’habitude d’être en stabulation libre. En changeant d’environnement, elles ont été obligées de s’adapter à leur nouveau milieu, en étant attachées.
Heureusement, aucun problème d’adaptation n’a été remarqué, d’après Jean-Philippe.
Cette philosophie d’entraide entre producteurs laitiers, la ferme Vachalac à Saint-Léon-le-Grand la partage aussi. Claude Charest a ouvert ses portes à 24 bovins. « C’est rare de réussir à sauver les animaux. » Ce soir-là, trois de ses employés se sont rendus sur les lieux.

Pour les fermiers qui hébergent les vaches, ce n’est pas important de savoir combien de temps elles resteront là. « On aide ou on n’aide pas », lance Claude Charest.

Selon différents témoins, cette étable a été construite il y a environ huit ans.
Régis et Jean-Sébastien Michaud n’ont pas donné suite à la demande d’entrevue de L’Avant-Poste.
Une enquête est en cours pour déterminer les causes de l’incendie, mais M. Paradis affirme que ce n’est pas un acte criminel.
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