À première vue, il n’y a rien chez François Raymond Lemieux qui laisse entrevoir ne serait-ce qu’une petite partie des épreuves qu’il a traversées au cours de son existence.
Pourtant, la vie ne l’a pas épargnée. Elle lui a notamment fait vivre de nombreux deuils, en plus de le confronté dès un très jeune âge à ce que l’humain a de pire à offrir.
Malgré tout, le Causapscalien vient tout juste de faire paraitre son livre « Le prix de ne jamais abandonner », un ouvrage de 80 pages qui relate son histoire.
L’un des premiers événements marquants qui sont consignés dans le livre est le décès de Sonia Raymond, sa tante.
« Dès mon jeune âge, j’ai été confronté à la mort, avec le décès de ma tante, qui s’est fait assassiner quand j’avais neuf ans. J’étais là, à proximité quand c’est arrivé. On faisait du camping en Gaspésie. Ça m’a fait un choc. Après, j’ai vécu plusieurs autres rencontres avec la mort. J’ai perdu des amis, des membres de ma famille. »
La parution de son livre est le résultat d’une importante métamorphose qu’il a entrepris. À travers son œuvre, il souhaite faire savoir aux gens que peu importe les épreuves qui peuvent se dresser sur leur chemin, il y a toujours un espoir. Son récit et sa personne portent également un message d’espoir puisque les deux font aussi preuve de gratitude envers les beaux moments, sans nier leur existence.
Des propos vrais et ressentis
« C’est un récit qui a été écrit en toute vulnérabilité et toute authenticité, qui parle des épreuves que j’ai surmontées dans ma vie, de comment j’ai transformé ces épreuves après avoir amorcé ma réflexion en force durable. J’ai eu un côté sombre dans ma vie. J’ai été dépendant de la drogue et de l’alcool. Du jeu. »
Monsieur Raymond Lemieux, qui était également un bon joueur de hockey, a aussi glissé dans l’hyperperformance.
« C’est ce que je raconte dans mon récit : comment transformer les épreuves en force durables, par la réflexion, en se mettant en mouvement, une étape à la fois, sans jamais abandonner. Il y a des gens qui croient que ralentir, le fait de se donner la possibilité de ralentir et de se reconnecter à soi c’est d’abandonner, alors que ce n’est pas du tout le cas. »
Ce dernier aspect n’est pas quelque chose qui lui est venu d’emblée. « C’est ce que j’ai découvert au fil du temps », indique celui qui est sobre depuis plus de dix ans.
Court récit
Le fait de condenser son récit en 80 pages était un choix intentionnel.
« Quand je l’ai fini, je savais que j’aurais pu l’écrire en 300 pages. J’aurais pu entrer dans les détails et faire de plus longs chapitres sur plusieurs parties de ma vie. J’aurais pu détailler ma première année de sobriété, de fond en comble. Mon livre contient des détails, mais d’une façon courte. Je ne voulais pas qu’il soit trop long, parce que je savais que j’allais m’y perdre et que j’allais y perdre des lecteurs. »
Plusieurs personnes de son entourage lui ont d’ailleurs fait savoir que c’était judicieux de sa part de procéder ainsi.
« Ils m’ont dit : si tu m’avais présenté une brique, je ne l’aurais pas lu. »
Si l’histoire qui y est racontée n’est peut-être pas adaptée à des jeunes de 12 ans et moi, il demeure que monsieur Raymond Lemieux s’adresse à un lectorat très large.
« Une dame m’a écrit, à la suite du décès de son cousin dans un face-à-face. Elle m’a dit que sa famille traversait un cauchemar, mais que le livre que j’ai écrit lui a confirmé qu’il était possible de surmonter des épreuves, même quand on se croirait dans un cauchemar. »
Ayant lui-même vécu son lot de cauchemar, il souhaite envoyer ce message d’espoir aux gens.
« J’en ai surmonté des cauchemars avec ma famille. Parfois, sur le moment, tu penses que c’est la fin, mais il ne faut pas abandonner. Il faut s’accrocher aux bonnes choses et s’outiller auprès des bonnes ressources. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait. Ce dont il est question dans mon livre, c’est du vécu à l’état pur. »
L’importance de se mettre en mouvement
Malgré l’ampleur que représente la rédaction d’un livre, l’auteur admet avoir rédigé le sien en une seule journée.
« Ça faisait vraiment longtemps que j’avais besoin de l’écrire. J’avais quelque chose en moi qui me disais de le faire, que ça me ferait du bien et que ça aiderait les autres à surmonter leurs épreuves. Mais je ne passais jamais à l’acte, parce que j’étais trop occupé dans mon travail. »

Un épuisement professionnel en 2025 l’aura amené à ralentir et à réaliser l’importance de prioriser sa santé avant le reste. Il a alors commencé à faire de la course à pied.
« En faisant de la course à pied, je suis devenu marathonien en 2025. Je n’avais jamais couru plus de 5 kilomètres. Je me suis préparé, on m’a accompagné. C’est là que j’ai écrit. Et ç’a été tellement facile, c’était machinal. »
Il mentionne d’ailleurs que son parcours pour devenir marathonien a changé une partie de sa vie.
« Tout est parti d’une idée avec mon neveu, le fils de ma sœur, qui a 19 ans. C’est lui qui a proposé qu’on participe à une course amicale de 10 kilomètres en août à Causapscal. J’étais au début de ma phase d’épuisement, mais d’un point de vue physique, j’allais bien. Je l’ai fait avec lui, simplement pour le plaisir et j’ai aimé ça. J’ai découvert que plus que tu cours longtemps, plus que tu retrouves à l’intérieur de toi. »
Le neveu et l’oncle se sont ensuite inscrits à une course de 15 kilomètres, en sentier.

« On a continué de se préparer et on a fait la course. Après, je me suis dit qu’on devrait s’inscrire au demi-marathon de Rimouski. On s’est inscrit et on l’a fait ensemble. Toutes ces fois, on était ensemble. Ç’a m’a permis de me connecter avec mon neveu, mais aussi de me connecter avec moi-même, parce que dans certains cas, tu te retrouves à courir trois heures, seul. C’est dans ces moments-là que tu vas faire appel à tes forces intérieures, que tu vas écouter la petite voix que tu n’as pas écoutée parce que la vie va trop vite et que tu ne te donnes jamais le temps d’écouter. »
Son livre n’est pas le seul outil qu’il met à la disposition du public. Son coffret de cartes de pensées positives en est un autre.
« J’ai toujours dit que ma mère était ma guide spirituelle. Elle m’a accompagné dans mes épreuves, mon père aussi, mais plus d’un point de vue spirituel. Elle me faisait piger des cartes pour m’aider, m’accompagner à passer à travers ma journée, avec des oracles de positif et je m’étais dit qu’un jour, j’allais créer des cartes. »
« L’an dernier, quand j’ai vécu un épuisement professionnel, je me suis donné le temps de ralentir et de me reconnecter à moi et à la nature. Ç’a m’a amené à prendre le temps, mais aussi à écouter mon intuition, en étant à l’affut des petits chuchotements. C’est à ce moment que j’ai annoncé à ma fille et à ma conjointe que j’allais créer des cartes. »
Ses cartes arborent aussi des photographies qu’il a prises. « Ce sont des photos d’arc-en-ciel, de coucher de soleil et de paysage. La nature me permet – comme à bien des gens – de profiter de l’instant présent, en me reconnectant. »
Ses cartes et son livre ne sont qu’un volet de sa plateforme Lemieux-Être.
« Je donne aussi des conférences à des organisations sportives ou aux entreprises. Je veux les accompagner à transformer leurs intentions en actions. »
Il constate que les petites intentions peuvent être le point de départ de grands changements. « Je ne suis pas un psychologue ni un psychiatre, mais avec mon vécu personnel et professionnel, je sais que je peux accompagner bien des gens, pour les guider dans leur bon choix et leur bon chemin. »
Son vécu professionnel fait référence à l’expérience qu’il a acquise en tant que gestionnaire, à l’époque où il travaillait dans le Grand Nord et qu’il avait sous sa charge une équipe multidisciplinaire de plus de 15 superviseurs et 150 employés.
Les personnes qui souhaitent en apprendre plus sur monsieur Raymond Lemieux, ou qui aimeraient se procurer l’un de ses outils, peuvent visiter son site internet (lemieux-etre.com).

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