Procès de Claude Doiron : nouveaux éléments de preuve à analyser
Claude Doiron fait face à des accusations d'agression sexuelle, de contacts sexuels et d'incitation à des contacts sexuels sur une enfant de moins de 14 ans. Photo Johanne Fournier
À la demande de la défense, le procès de l’ex-porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), Claude Doiron, a été ajourné par le juge Pierre Lortie, le mercredi 10 juin en avant-midi. L’avocat de l’accusé souhaitait analyser de nouveaux éléments de preuve transmis par la poursuite.
L’ancien sergent fait face à des accusations d’agression sexuelle, de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels sur une enfant de moins de 14 ans. Les faits allégués remontent à l’été 1988, à Cloridorme, alors que la présumée victime était âgée de 12 ans et que l’accusé, âgé de 25 ans, n’était pas encore policier. Une ordonnance de non-publication protège l’identité de la plaignante et tout détail permettant de l’identifier directement ou indirectement.
Vérifications jugées nécessaires
L’avocat de la défense, Me Jean-François Boucher, a expliqué au tribunal avoir reçu un complément de preuve de la poursuite et devoir procéder à des vérifications avant de poursuivre. Il a indiqué au juge Lortie que les éléments transmis par son confrère étaient suffisamment sérieux et imposants pour justifier une analyse approfondie.
Le procureur de la Couronne, Me Louis-Philippe Desjardins, avait lui-même obtenu une première suspension la veille afin d’effectuer ses propres validations. Ce complément de preuve est directement lié au débat entourant l’admissibilité de photographies au procès.
Trois photos au cœur du débat
L’enjeu porte sur trois photographies obtenues par la défense, prises lors d’un séjour de la plaignante dans Lanaudière au début de son adolescence. Une date inscrite à la main au dos des clichés les situe à l’été 1988, soit la période où la femme affirme avoir passé ses vacances scolaires en Gaspésie. C’est au cours de cet été, lors d’une journée dont elle ne se rappelle pas la date exacte, qu’elle aurait été agressée sexuellement.
En contre-interrogatoire, la plaignante a soutenu se souvenir très bien de ce voyage ” près de Montréal “, mais elle situe celui-ci à l’été 1989, soit l’année suivante de la présumée agression. La date inscrite au dos des photos serait donc, selon elle, erronée.
Le ministère public estime qu’il existe potentiellement un enjeu d’authenticité concernant la note manuscrite apposée au verso des photographies.
Comportement ” séducteur “, selon la plaignante
À la deuxième journée du procès, la plaignante avait raconté que l’accusé aurait eu un comportement séducteur à son endroit et qu’il l’aurait fait monter à bord d’un véhicule rouge. Il se serait alors livré à des attouchements et se serait masturbé à côté d’elle.
Claude Doiron, qui a longtemps agi comme porte-parole de la SQ dans l’Est-du-Québec, est défendu par Me Jean-François Boucher. Le procureur a lui-même été policier à la SQ pendant plus de 20 ans, principalement aux enquêtes criminelles, avant d’entreprendre une carrière en droit.
Le procès se poursuit le jeudi 11 juin au palais de justice de Percé.
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