L’écrivaine et poète Madeleine Gagnon est décédée le 30 avril à l’âge de 87 ans.
Née à Amqui en 1938, madame Gagnon est considérée comme étant l’une des plus grandes figures littéraires du Québec, ainsi que l’une de ses écrivaines les plus engagées.
Titulaire d’un baccalauréat en lettres, d’une maitrise en philosophie et d’un diplôme de 3e cycle en littérature, madame Gagnon a enseigné à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et a été professeure invitée au Département de lettres de l’UQAR. Ses écrits sont nombreux.
Son frère, Bertrand Gagnon, la décrit comme étant une poète.
« Elle aimait raconter des histoires. Elle en inventait souvent aussi. »
À la suite de son décès, la Ville d’Amqui – dont la bibliothèque municipale porte le nom de Madeleine Gagnon depuis 1998 – a placé ses drapeaux en berne, en guise de premier hommage posthume à l’écrivaine. Un geste très apprécié par la famille de la défunte, rapporte la mairesse Sylvie Blanchette.
Madame Blanchette connaissait Madeleine Gagnon en sa qualité d’écrivaine, mais pas personnellement. Elle se rappelle l’avoir rencontrée lors d’un événement à la Bibliothèque, lors de la présentation du livre Amqui : Lieu de rencontre.
« C’est l’un des livres qu’elle a écrits, qui a été publié en 2002. Il a été fait en collaboration avec Michel Dompierre et on y retrouve de magnifiques photos de la ville et de ses citoyens. »
La mairesse d’Amqui mentionne également qu’en 1991, la Ville avait fait une motion de félicitations à madame Gagnon, qui avait reçu le Prix du Gouverneur général du Canada en arts littéraires.
« Une autre motion de félicitations a eu lieu à la Ville d’Amqui en 2002, cette fois parce que madame Gagnon avait reçu le prix Athanase-David, soit la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine des lettres. »
La Ville lui rendra hommage
La mairesse d’Amqui, Sylvie Blanchette, confirme qu’un hommage à madame Gagnon sera organisé cette automne.
« Puisque madame Gagnon désire être enterrée ici même à Amqui, il a été convenu avec ses proches qu’un événement commémoratif aurait lieu à l’automne à la bibliothèque. »

Cet événement sera une occasion pour la population de rendre hommage à la femme de lettres et de poser des questions à la famille, si elle le souhaite.
« On attend présentement de voir quand la famille sera disponible pour venir à Amqui, pour déposer les cendres de madame Gagnon au cimetière. À ce moment-là, on va créer une plaque commémorative qui pourra être installée à la bibliothèque, lors de l’événement à l’automne. »
« Une Amquienne d’exception »
Gaëtan Ruest, qui a été maire d’Amqui de 1998 à 2017, a lui aussi rendu hommage à Madeleine Gagnon.

Sur son profil Facebook, monsieur Ruest décrit l’auteure comme étant une Amquienne d’exception, ainsi qu’une grande poétesse et romancière québécoise.
Dans sa publication, il raconte qu’en constatant qu’elle n’avait pas été intronisée a l’Ordre national du Québec, il a pris l’initiative de soumettre sa candidature qui fut acceptée en 2015.
« Madeleine Gagnon est l’une des plus grandes figures littéraires du Québec et l’une de ses écrivaines les plus engagées. Elle s’est mise à l’écriture en 1968. L’année suivante, elle entreprenait un parcours de professeure de littérature. Parallèlement à l’enseignement et de plus en plus intensément, elle allait se consacrer à l’écriture. Poèmes surtout, essais, textes radiophoniques, récits, nouvelles et romans en sont venus à composer une œuvre foisonnante, colossale, à laquelle se sont ajoutés théâtre et littérature jeunesse », peut-on lire sur le site internet de l’Ordre national du Québec.
Il est également mentionné que les œuvres de madame Gagnon ont exploré une multitude de sujets, tels que le féminisme, les souffrances des femmes d’ici et d’ailleurs, la psychanalyse, le structuralisme, l’indépendantisme, etc.
« Ses textes, très étudiés dans les milieux universitaires, sont cités dans des anthologies canadiennes, américaines, françaises et italiennes. »
Monsieur Ruest a exprimé le souhait que les autorités de la Ville d’Amqui rendent à madame Gagnon un hommage digne de mention.
Il suggère également à la Ville d’apposer une plaque commémorative qui permettra d’identifier la résidence familiale de Madeleine Gagnon, qu’il est possible d’apercevoir à l’extrémité nord de la passerelle J.-Napoléon-Pérusse.
Hommages à Madeleine Gagnon sur les réseaux sociaux
« Sa voix a porté bien au-delà de La Matapédia, notamment par son engagement féministe et social. Son parcours exceptionnel fait honneur à notre région et à l’ensemble du Québec. Elle laisse une œuvre forte, qui continuera de résonner. » – Maxime Blanchette Joncas, député de Rimouski–La Matapédia
« Cette grande femme de lettres aura émergé au fil des décennies comme l’une des voix les plus importantes et les plus influentes de la littérature québécoise contemporaine. » – Éditions du Boréal
« Nos condoléances à tous ses proches, à toutes celles et tous ceux qui aiment encore sa poésie, ses essais et ses fictions. Sa vie se prolongera bien longtemps dans ses livres. » – Jean-Marc Cormier, auteur
« L’équipe du Noroît a appris avec tristesse le décès de la grande Madeleine Gagnon. Poète, critique, essayiste et romancière, elle laisse derrière elle une œuvre majeure, marquée par son engagement féministe et politique, et en son cœur, le chant du poème. » – Éditions du Noroît
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