Mobilisés pour protéger la faune
Le point de presse avait lieu à Causapscal. Photo Véronique Bossé
Dans un contexte où de nombreux bureaux de protection de la faune sont menacés de fermeture, y compris celui de Causapscal, le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, demande à la nouvelle ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Pascale Déry, de faire marche arrière.
Monsieur Bérubé a tenu un point de presse, le 29 avril à Causapscal. Accompagné du président provincial du Syndicat des agents de protection de la faune du Québec, Martin Perreault, de la préfète de la MRC de La Matapédia, Chantale Lavoie, et de la mairesse de Causapscal, Odile Roy, le député a souligné l’importance de ces bureaux.
« Je suis très conscient que je suis un député de chasseurs et de pêcheurs et que nous avons une richesse exceptionnelle autour de nous, qui est notre faune. Il faut la protéger, pour s’assurer de pouvoir en bénéficier encore longtemps, pour les gens d’ici et pour nos visiteurs qui l’apprécient. Pour cela, ça prend des professionnels, des agents de la protection de la faune qui sont sur le territoire pour s’assurer qu’on respecte les règles et que la ressource sera là longtemps. On a un bureau de la protection de la faune, ici à Causapscal, qui est menacé. Plus que menacé, je vous confirme que le bail se termine en février 2027. C’est une fermeture très claire du bureau de Causapscal », a martelé le député.
Il a souligné que ce même bureau avait été le premier du genre au Québec. « Au 19e siècle, la première fois que nous avons eu des agents de la faune relevant du gouvernement du Québec, c’était ici, à Causapscal. Il y a une longue tradition qui va se terminer si le bureau ferme. En 2017, il y avait huit agents de protection de la faune. Aujourd’hui, il n’en reste plus qu’un. »
Le député n’a pas mâché pas ses mots quant aux conséquences qu’engendre ce type de fermeture. « C’est une mauvaise nouvelle pour notre communauté, ainsi que pour toute la communauté des chasseurs et des pêcheurs. C’est uniquement une bonne nouvelle pour les braconniers. »

Il compte sur la pression populaire pour renverser la tendance de fermeture. « Qu’est-il arrivé à Chandler? La députée locale nous informe que le dossier est réglé et que le bail va être rallongé d’un an. C’est la même chose qui a été faite l’an dernier. Il n’y a rien de réglé. »
Ainsi, Pascal Bérubé demande à ce que les bails soient renouvelés pour une période de cinq ans. « L’imminence d’une campagne électorale fait en sorte que le gouvernement a décidé de poser un geste pour le comté de Bonaventure, mais je vous confirme qu’on va se mobiliser et qu’il y aura une mobilisation dans La Matapédia. »
Un vaste territoire recouvert de forêts
Considérant la taille du territoire desservi par le bureau de protection de la faune de Causapscal, l’importance de conserver ce dernier — mais aussi de lui attribuer les effectifs nécessaires à son bon fonctionnement — a été soulevée par le président provincial du Syndicat des agents de protection de la faune du Québec, Martin Perreault.
« Comme Pascal [Bérubé, député de Matane-Matapédia] l’a dit, il ne reste qu’une personne à Causapscal. Ce n’est pas normal. Ce manque d’effectif vient impacter le service auquel ont droit les citoyens […] Une seule personne ne peut pas y arriver, peu importe la qualité de son travail. Elle ne peut pas patrouiller et faire tout le travail seule. Il n’y a même pas de secrétaire au bureau, c’est aussi un enjeu. »
C’est également l’avis de la préfète de la MRC de La Matapédia, Chantale Lavoie, qui se demande si les preneurs de décisions ont déjà visité La Matapédia.
« Si c’était le cas, ils pourraient voir que nous sommes entourés de forêts, ce qui fait en sorte que quand vient le temps de la chasse, on est courus. On accueille plein de touristes pendant cette période, alors c’est certain que nous ne pouvons pas accepter cette fermeture. Nous avons besoin de nos agents de la faune pour nous assurer de contrôler les activités de chasse et de pêche, parce qu’on veut accueillir les gens, cette année, mais qu’on veut aussi les accueillir sur le long terme. Il faut donc s’assurer que les lois et les règles soient bien respectées. Je pense que la population matapédienne se tient derrière ce bureau. Nous sommes tous convaincus de l’importance de sa survie. »
La préfète s’inquiète elle aussi de la diminution d’actions préventives sur le territoire.
« Combien d’interventions ne se feront pas, parce que justement, il n’y aura pas de camions ou d’agents qui se promènent dans la forêt, dans le territoire ? Leur présence contribue probablement à limiter les accrocs qui peuvent être faits aux lois et aux règlements. Actuellement, il y a une personne en poste et on voit passer son camion. Si le bureau ferme, c’est fini. Les agents vont venir sur place s’il y a des plaintes. »
Monsieur Perreault, pour sa part, rejette la plausibilité qu’un agent d’un autre bureau puisse se déplacer dans La Matapédia en cas de besoin.
« Comme les territoires sont tellement grands, faire venir quelqu’un d’un autre bureau, c’est impossible. Ce n’est pas vrai que quelqu’un va partir de Rimouski pour venir couvrir une plainte ici : ça n’a aucun sens. J’ai fait la route hier, je viens de ce coin-là et je sais que c’est impossible de se rendre à temps si une plainte est faite. »
Une présence qui compte
Michel Brouillette a été agent de protection de la faune au bureau de Causapscal pendant 35 ans.

Son expérience lui a appris que la présence d’agents sur le terrain faisait une différence non négligeable.
« Le bureau de Causapscal était celui où il y avait le plus d’infractions rapportées au Bas-Saint-Laurent. Ce n’est pas parce qu’on avait des plaintes, c’était parce qu’on était sur le terrain. Il faut être sur le terrain pour constater les infractions, parce que les gens ne font pas de plaintes. S’il n’y a personne sur le terrain, les gens feront ce qu’ils veulent. Ç’a toujours été comme ça à Causapscal. »
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