Le projet fait son chemin
Le conseil d'administration du projet. Photo courtoisie
Le président du tout nouveau conseil d’administration du projet de la Maison bien vieillir chez soi de Sayabec, Marcel Belzile, fait le point sur ce dossier d’envergure dont le dépôt final doit se faire de façon imminente.
Monsieur Belzile rappelle que tout a débuté en 2019, avec la fermeture de la Villa Georges-Fournier de Sayabec et de la Villa Mon repos à Val-Brillant.
« J’étais maire à l’époque. Nous l’avons appris des journalistes, en même temps que la population. Nous n’avons eu vent de rien. Il y a eu un sentiment de panique, on savait qu’il y avait six mois de délais et que ça fermerait en décembre de la même année. »
Il a alors tenté de remédier à la situation.
« J’ai rencontré le CISSS du Bas-Saint-Laurent et l’organisation d’Aide Maison qui gérait ces deux bâtiments. On a fait des tentatives pour les ramener. On devait oublier celui de Val-Brillant, parce qu’apparemment que sa mise aux normes était infaisable. Pour Sayabec, ça l’aurait peut-être été possible. »
Si les démarches qui ont suivi, dont une rencontre avec la ministre Marguerite Blais, se sont avérées infructueuses, Marcel Belzile souligne le soutien d’un fonctionnaire régional, Frédéric Gagnon, qui a contribué à l’avancement du projet.
« Il m’a dit : monsieur le maire, on ne vous laisse pas tomber, nous avons pensé à quelque chose au CISSS Bas-Saint-Laurent et je veux vous en parler. On s’est organisé une rencontre et c’est comme ça que nous avons créé un comité. J’ai monté un document. Il était beaucoup plus gros que le projet actuel, parce que j’apportais de l’institutionnel, du commercial et tout ça. Finalement nous avons formé un comité avec le CISSS et de ce comité, nous avons décidé d’aller vers une résidence et on s’est dit qu’on bâtirait à partir de là. »
Un projet a commencé à prendre forme autour du concept « Bien vieillir chez soi » du collectif régional de développement du Bas-Saint-Laurent. La proposition de Sayabec a été retenue.
« En étant retenu, on obtenait de l’aide financière de 125 000 $ par année, pour le fonctionnement. Ça nous a amenés à créer ce qu’on appelle un comité de pilotage. Il était formé du maire de Sayabec, d’un représentant de la MRC, de représentants et des professionnels du CISSS. Il y avait aussi des professionnels des Habitations populaires de l’est du Québec. Il y avait la recherchiste du CRSA (centre de recherche social appliqué) et il y avait également des experts de vécu. »
Le comité de pilotage a travaillé à l’élaboration du projet pendant trois ans.
« Il y a eu toute une analyse. En même temps que se faisait une recherche, on avançait dans le dossier pour nous amener à la finalité que nous connaissons aujourd’hui. Le comité est dissout depuis le 31 mars. »
Ce dernier a laissé place au conseil d’administration, dont monsieur Belzile est le président.
Marcel Belzile indique que le projet – qui consiste à construire 45 unités de logement pour personnes aînées, semi-autonomes et non autonomes – est rendu à l’étape où son montage financier est fait, tout comme ses plans et devis. Il mentionne qu’une entente a été prise avec un entrepreneur.
« Nous n’allons pas en appel d’offres, nous sommes capables de tout faire ça entre nous, en négociation constamment. »
Quant au type de résidents recherchés, l’ancien maire explique qu’il ne s’agit pas d’une restriction.
« Ça ne veut pas dire que nous ne permettrons pas à des gens plus autonomes, à un certain niveau, d’entrer dans le bâtiment, dépendamment de ce qui va se passer comme réalité, au moment où ça va se faire. Ça nous amène vers un concept qui allie les proches aidants. L’idée de base était de permettre aux proches aidants de résider, ponctuellement ou complètement dans les logements, pour aider les gens qui sont en situation semi-autonome ou non autonome. »
Créer un milieu de vie dynamique et abordable
Outre le fait d’offrir 45 unités de logement pour personnes ainées, semi-autonomes et non autonomes dans la municipalité de Sayabec, le projet a été réfléchi de sorte à être un milieu de vie qui offre à ses résidents les services qui leur sont nécessaires, tout en restant abordables.
« Tout est intégré, autant la médecine que le montage ergonomique que la structure : toute l’organisation est conçue pour permettre aux gens de vivre là. Il n’y a pas de type de fonctionnement à la carte. Tout est intégré dans les soins de santé, à tout égard. La personne va payer un prix, raisonnable, abordable, en fonction de ses revenus, parce qu’il y a des aides gouvernementales, associés au fait que tu as du revenu ou non. Tout est pensé pour qu’il reste un peu d’argent à la personne pour être en mesure de voir ses enfants et de vivre normalement, ce qui n’est pas toujours le cas présentement », soulève Marcel Belzile.
Le bâtiment consistera en trois maisonnées. Elles seront dotées de cuisines collectives.
« Ces cuisines permettront de nourrir tout ce beau monde et peut-être même permettre à des gens de la population de s’intégrer pour les diners et les repas. En plus, on prévoit une garderie communautaire. D’un point de vue intergénérationnel, on pense que c’est un élément intéressant. La conception est faite de sorte que les trois maisonnées donnent sur une cour intérieure et le deuxième étage permettra aux gens de circuler. »
Si le comité peut obtenir une aide gouvernementale, il voudrait installer un système de biomasse qui lui permettra de chauffer le plancher intérieur de la cour, pour qu’elle soit accessible douze mois par an.
Marcel Belzile mentionne également que le projet de Maison bien vieillir chez soi a été conçu pour permettre à ses résidents d’y rester jusqu’à la fin de leur vie.
« Au lieu de transférer les gens d’une bâtisse à l’autre – de les prendre de leur maison pour les amener ailleurs et de les amener encore ailleurs – et d’affecter la pérennité de leur vie notre idée était que lorsqu’une personne entre dans son unité de logement, qu’elle puisse y rester jusqu’à la fin de sa vie. »
Il ajoute que la notion d’abordabilité a une grande importance dans la conception de ce projet, dont le coût se situe autour de 24 M$.
« On sait que les coûts en construction sont assez importants, d’autant plus que c’est à la carte. Pour nous, ce n’est pas ça, mais les coûts demeurent. La construction, la faisabilité du projet, le budget opérationnel, tout est basé sur des coûts abordables. La beauté de notre dossier est que nous avons déjà une entente avec le CISSS BSL. Ça ne veut pas dire qu’il sera partie prenante, mais il y aura un contrat de service avec l’organisation. Oui, on va être normé en fonction de catégorie de personnes, mais on aura un budget annuel de fonctionnement, qui nous permettra d’avoir l’autonomie de fonctionnement et d’être capables de gérer nos situations avec les personnes ainées, les entrants, les sortants et tout ça. »
Les prochaines étapes
Comme mentionné précédemment, le projet final doit être déposé bientôt, soit d’ici à la fin du mois, auprès des deux paliers gouvernementaux.
Si les informations reçues jusqu’à maintenant indiquent au comité que le projet a les atouts nécessaires pour voir le jour, il lui manque encore un peu de fonds du milieu pour son montage financier.
« Ça ne se fait pas à grands coups de fanfare, mais ça se fait en prenant contact et nous avons déjà un donateur très important, avec quelques millions de dollars. Ça nous donne une base solide pour partir, mais il nous manque encore un peu d’argent pour être capable de peaufiner notre montage financier. […] Ce qu’on nous dit actuellement est que le moment est importun pour présenter le projet. La minute où nous sommes acceptés, on ne va pas en appel d’offre, ce qui veut dire qu’on va être prêt avec notre entrepreneur, de débuter les démarches tout de suite. On espère bien pouvoir réaliser notre projet en 2027, selon toutes probabilités. »
Considérant que le comité entend desservir l’ensemble de la MRC de La Matapédia avec son projet et que le CISSS du Bas-Saint-Laurent rapporte qu’il faudrait une soixantaine d’unités locatives dans le genre pour répondre aux besoins, la possibilité d’avoir d’autres phases de développements à la Maison bien vieillir chez soi n’est pas écartée.
« Si on avait eu plus de moyens, on aurait pensé à faire 100 unités au lieu de 45. On va appeler ça une première étape, on verra pour la suite. »
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