Le Syndicat de l’enseignement de la Mitis (SERM-CSQ) rapporte qu’au cours de l’année scolaire 2024-2025, aux Centres de services scolaire des Phares et des Monts-et-Marées, pas moins de 50 % des enseignants, tant au primaire qu’au secondaire, affirment que certains de leurs élèves ont été promus au niveau supérieur en dépit de leur recommandation de redoublement ou de transfert en classe spécialisée.
De plus, 32% des profs du primaire et 28,3% des profs du secondaire ont affirmé avoir subi des pressions, notamment de la part des directions ou des parents, pour faire passer un élève au niveau supérieur sans qu’il possède les acquis nécessaires.
Le SERM estime qu’une telle situation est non seulement inacceptable, mais qu’elle contrevient également à la Loi sur l’instruction publique (LIP).
Ces données ont été recueillies lors d’une consultation menée en novembre et décembre 2025 par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), à laquelle le SERM-CSQ est affilié. Selon elle, les résultats de la consultation illustrent clairement la complexité de la tâche des enseignants, qui doivent composer avec la présence dans leur classe d’un nombre important d’élèves n’ayant pas les acquis nécessaires pour y être.
« Ces résultats inquiétants démontrent hors de tout doute que beaucoup d’élèves dans les classes n’ont ni le niveau attendu ni une maîtrise suffisante des notions préalables, ce qui a un impact direct sur la charge de travail des profs et sur les services aux autres élèves. Il est plus que temps de donner un sérieux coup de barre pour redresser la situation, au plus grand bénéfice de tous », rapporte la présidente intérimaire du SERM-CSQ, Sylvie Lefebvre.
Des données préoccupantes
Les données de la consultation mettent en lumière les effets de la promotion sans les acquis nécessaires constatés par les enseignants, tant sur les élèves que sur l’enseignement.
Parmi les effets sur les élèves, on note notamment le découragement et la baisse d’estime de soi des élèves n’ayant pas les acquis nécessaires, les comportements perturbateurs ou l’anxiété chez les élèves en difficulté, tandis que les élèves les plus forts s’ennuient.
Les effets sur l’enseignement incluent notamment la difficulté à gérer les besoins de tous les élèves et à passer l’entièreté des apprentissages prévus pour ce niveau, ce qui prive le groupe d’enrichissement. Il y a des interruptions fréquentes lors des explications et une complexification due à la multiplication des mesures d’adaptation.
À discuter avec le ministère
La FSE-CSQ a demandé au ministère de l’Éducation un espace afin de discuter en profondeur de cette problématique et de trouver des solutions pour favoriser la réussite de tous les élèves tout en s’assurant que les enseignants ne croulent pas sous la charge de travail.
Rappelons que la CSQ réclame la tenue d’une grande réflexion collective sur l’état de l’éducation au Québec.
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