La directrice générale intérimaire du Centre de services scolaire des Monts-et-Marées (CSSMM), Sandra Théberge, précise que les consultations publiques préalables à la modification des services dispensés dans six écoles de son territoire, annoncées récemment, ne concernent aucune fermeture.
« Le CA avait fait une résolution, en mars 2025, de ne pas annoncer de fermeture avant l’année scolaire 2027-2028 et il a toujours été dans notre intention de respecter cet engagement. C’était aussi du temps qu’on se donnait, pour faire des analyses nécessaires et rencontrer les milieux. »
Rappelons que les consultations de ce printemps portent sur l’École Entre-Vents-et-Marées de Baie-des-Sables, ainsi que celle de Saint-Léandre, de l’École des Érables de Saint-René, des écoles des Grands-Horizons de Saint-Adelme et de Sainte-Félicité ainsi que de la polyvalente Forimont de Causapscal. Le tout concerne l’année scolaire 2026-2027. Le niveau concerné, pour quatre établissements, est le préscolaire.
« Ce printemps, on a des consultations pour des modifications d’actes d’établissement. Les gens voient ça et pensent qu’on veut leur retirer leur acte d’établissement. Je suis arrivé au service éducatif en 2004. Déjà, ces consultations avaient lieu chaque printemps. Ce n’est pas nouveau. Ça fait partie de la séquence de consultation habituelle. On vise seulement les classes, pas des écoles. Ce sont des classes où le nombre d’élèves est insuffisant pour former un groupe ou bien des classes où le nombre d’élèves est tout près de la limite », mentionne madameThéberge.
Elle explique qu’il est nécessaire de procéder de la sorte, en raison des mois qui séparent février et août.
« C’est arrivé par le passé – je prends l’exemple d’une classe de secondaire – où le groupe était composé d’une douzaine d’élèves en février, pour se retrouver avec huit élèves à l’automne. Perdre quatre élèves, ça change un peu la dynamique de la classe, mais il était trop tard pour tenter de trouver des solutions : l’école commençait et il y avait huit élèves. »
La directrice générale par intérim ajoute que dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, ce genre de situation n’est pas idéale.
« Huit élèves, c’est un enseignant et demi, c’est donc beaucoup de ressources pour un petit groupe d’élèves. C’est correct, on l’a fait à ce moment-là, on avait les ressources et l’argent nécessaire. Quand toutes les conditions sont réunies, nous n’avons pas de problème à avoir une classe ici et là qui ont très peu d’élèves. Présentement, l’enjeu que nous avons est qu’il y a plusieurs classes avec un très petit nombre d’élèves. Une seule, c’est facile à gérer, mais plusieurs, c’est plus difficile. Ce qu’on fait, c’est qu’on va rencontrer les milieux, pour voir avec eux quelles seraient les solutions. »
Ces consultations ont donc lieu chaque année, pour l’année suivante.
« Ce n’est pas parce qu’une année, une école n’a pas suffisamment d’inscriptions pour avoir une maternelle que l’année suivante, on ne prendra pas d’inscription pour retenter d’ouvrir une classe. Ce n’est donc pas une fermeture d’école ou de service, c’est vraiment une suspension du service, pour une année, en raison d’un manque d’élèves. C’est vraiment dans cette optique qu’on a les consultations du printemps. »
Impensable de tout centraliser
Quant à l’idée que le Centre de services scolaire cherche à regrouper sa clientèle dans ses villes centres, la directrice générale par intérim, Sandra Théberge, estime que ce serait impensable.
« Là on est vraiment dans un processus d’optimisation. On regarde les endroits où on peut économiser des sous. Ce qu’on souhaite, c’est vraiment pouvoir offrir le plus de services possibles sur le territoire, mais à long terme, il faudra voir s’il y a des clientèles qu’on peut regrouper dans des secteurs, plutôt que d’avoir, par exemple, deux écoles à 30 élèves, on pourrait les regrouper et en avoir une seule à 60 élèves. On ne vise pas toujours à avoir des écoles de 100 ou 200 élèves. Ce n’est pas notre intention. Nous n’avons pas non plus l’intention de regrouper tous les élèves à Amqui ou à Matane. »
Elle rappelle que les établissements qui ont un bon taux d’occupation ne sont pas sans enjeu non plus.
« Je pense à l’école Sainte-Ursule, qui est dans notre plan décennal en raison d’un enjeu de bâtiment, mais nous n’avons pas l’intention de tout regrouper. Le projet d’école de Matane va nous permettre de prendre deux écoles qui ont des enjeux d’entretien, puis d’en faire une seule. Ce sera une belle école neuve pour 500 élèves. »
Elle soulève le fait que la Matanie a plus de 500 élèves au primaire.
« Ce n’est donc pas vrai de dire qu’on veut regrouper tous les élèves de la Matanie dans l’école de Matane. À Matane, il restera deux écoles primaires : l’école Bon-Pasteur aura encore pignon sur rue, puis éventuellement l’école Zénon-Soucy et Victor-Côté formeront la nouvelle école. »
Un plan qui peut être modifié
Le plan décennal de maintien des bâtiments du Centre de services scolaire des Monts-et-Marées, déposé en 2024, constitue pour sa part un plan qui se veut évolutif.
« Sur le site internet du CSSMM, il y a un espace qui s’appelle Perspective scolaire 2034. C’est là qu’on retrouve les phases du plan décennal. Les premières phases avaient donc été documentées parce qu’on a effectué des rencontres. Ces documents, qui avaient été déposés, sont en révision parce qu’il y a des éléments qui ont changé en cours de route, puisqu’ils datent de 2024. On sait déjà qu’en 2026, il y a des choses qui peuvent avoir changé, puisqu’il y a aussi des solutions qui ont été amenées par des gens du milieu », précise Sandra Théberge.
C’est ce que stipule une mise à jour datant du 23 mars dernier : « Les documents n’étant plus à jour, nous préférons les retirer afin d’éviter toute confusion auprès de la population. De nouveaux documents actualisés seront déposés dès qu’ils seront disponibles. »
Madame Théberge ajoute que le Centre ne peut faire autrement que d’avoir un plan à présenter. « Si on n’avait pas de plan, les gens croiraient que nous ne savons pas quoi faire. » Or, ça ne signifie pas pour autant qu’il est inflexible.
« C’est un plan évolutif, parce qu’il faut être à l’affût des nouvelles informations et des rencontres que nous avons avec les gens concernés. S’il était figé dans le temps, je comprendrais que les gens pensent que toutes les décisions ont été prises, mais comme il est très évolutif, je pense qu’il reflète quand même notre désir d’explorer des solutions pérennes qui peuvent nous amener à prendre des décisions différentes de ce qui avait été établi. »
Il demeure que le plan s’inscrit dans une planification sur le long terme, dans l’optique d’agir et non de réagir.
« C’est presque inévitable qu’on ait besoin de faire des modifications. Quand je dis qu’on a des écoles avec une quinzaine d’élèves, vous comprenez qu’on ne pourra pas tenir ça à bout de bras éternellement. On a fait un plan, parce qu’on ne peut pas non plus attendre que les bâtisses deviennent dangereuses. Ce n’est pas le cas présentement, nos bâtisses sont toujours sécuritaires, mais il reste qu’on veut agir plutôt que de réagir face à des enjeux d’infrastructures. »
Combiner le primaire et le secondaire : une possibilité
Finalement, questionnée sur la possibilité que Sayabec voie les élèves de son école primaire être jumelés à ceux de son école secondaire, la directrice générale par intérim confirme qu’il s’agit d’une option envisageable, en raison de l’état du bâtiment de l’école primaire.
« On a une bâtisse qui est quand même en bon état et une bâtisse qui est en moins bon état. On a des clientèles qui, au fil du temps, ont diminué, donc si je demande au ministère de l’Éducation, par exemple, un budget pour rénover une école, une des premières questions sera : est-ce qu’on a des bâtisses à proximité? Et là, à moins d’un kilomètre, j’ai un bâtiment. Vous comprenez que de notre côté, il y a quand même cet enjeu-là. L’école secondaire de Sayabec a quand même déjà accueilli 600 élèves. On est loin d’avoir 600 élèves en ce moment », souligne Sandra Théberge.
Elle ajoute que cette option constituerait une solution moins drastique du point de vue du CSSMM.
« Entre annoncer à une municipalité qu’on arrête d’offrir des services d’enseignement chez elle et annoncer à une autre municipalité qu’on maintient tous ses services d’enseignement, mais dans une seule bâtisse, de notre côté, l’enjeu est quand même moins grand. Je comprends qu’on puisse s’attacher à une bâtisse, mais elle a des difficultés d’infrastructures et les gens le savent. Il reste que nous, ce qu’on souhaite, c’est offrir de meilleures conditions pour nos élèves. »

Quant au risque de voir les plus jeunes se faire intimider, Sandra Théberge assure que plusieurs moyens seraient mis en place pour que tout se passe bien.
« Ils ne seront pas dans les mêmes classes. Il y a des espaces réservés pour les niveaux. Les horaires sont différents. Ce n’est pas la première fois qu’on a une école primaire-secondaire. On en a eu plusieurs dans le secteur de Matane, pendant plusieurs années. Les jeunes avaient des lieux communs, qu’ils n’utilisaient pas au même moment, en plus de lieux distincts. »
Des modèles semblables existent aussi à Matapédia et à New Richmond.

« Nous avons eu des échanges avec l’école de Matapédia – qui n’est pas sur notre territoire – qui a également une clientèle de la formation générale des adultes et de la formation professionnelle dans la même bâtisse et où la cohabitation se fait très bien. Donc oui, on peut craindre ça, mais il y a quand même des modèles qui démontrent que c’est possible. »
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