Un pneu dégonflé en cause
Jean-Michel Ouellet Photo courtoisie - Coopérative funéraire du Bas-Saint-Laurent.
C’est un pneu dégonflé qui est à l’origine du décès accidentel de Jean-Michel Ouellet, survenu le 3 août sur la route 132 à Saint-Moïse. Le coroner Jean-Pierre Chamberland l’établit sans équivoque dans son rapport d’investigation rendu le 4 mars : le délaminage du pneu avant droit du camion-grue conduit par le Rimouskois de 34 ans a provoqué la sortie de route mortelle.
Le camionneur est mort des suites d’un traumatisme crânien, d’une hémorragie cérébrale ainsi que de blessures au thorax et aux membres inférieurs gauches.
Plusieurs facteurs ont amplifié les conséquences du défaut mécanique, selon le rapport de la Commission de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) repris par le coroner. Le véhicule transportait une grue de 18 122 kg, dont une partie de la charge reposait sur l’essieu avant et se trouvait décentrée du côté droit, soit précisément du côté du pneu défaillant et du fossé.
L’accident s’est produit à la sortie d’une courbe, à 90 km/h, lorsque le camion-grue a fait une embardée et des tonneaux, pour finir sa course dans le fossé et sectionner des fils électriques. Dans ces conditions, le coroner note que « le conducteur a eu très peu de temps pour réagir à la perte de contrôle ».
Défaut invisible
Le pneu en cause, un Dayton D640 fabriqué en 2017, avait 8 ans d’âge, mais sa bande de roulement était presque neuve et son état respectait les normes du fabricant. Le délaminage s’est produit principalement du côté intérieur de la roue, là où l’inspection visuelle reste la plus difficile. Selon Me Chamberland, « il est possible que le délaminage soit passé inaperçu lors de la ronde d’inspection avant le départ », effectuée conjointement par M. Ouellet et son employeur.
Autre lacune relevée : la pression des pneus n’était pas vérifiée à l’aide d’un manomètre avant les départs et le camion n’était pas équipé de détecteurs de pression.
Travailleur sans reproche
Jean-Michel Ouellet revenait de deux semaines de vacances et entamait son premier jour chez un nouvel employeur. Camionneur, grutier et mécanicien diesel de formation, il avait procédé, ce jour-là, à pas moins de deux inspections du véhicule. La fatigue, l’alcool et toute intervention d’un tiers ont été formellement écartés par l’enquête.
Le coroner souscrit entièrement aux recommandations de la CNESST : vérifier la pression des pneus au manomètre avant tout long trajet, inspecter la face intérieure des roues et gonfler les pneus selon les spécifications du fabricant.
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