Tragédie d'Amqui

Le temps passe, les blessures restent

Par Johanne Fournier 3:45 PM - 4 mars 2026
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Pour Jocelyn Ouellet, qui est ici entouré de sa famille, la douleur est encore très forte. Photo Johanne Fournier

Trois ans après la terrible tragédie qui s’inscrit à jamais dans l’histoire d’Amqui, l’heure est encore au recueillement. Le 13 mars rappelle la mémoire des trois disparus dans une attaque au camion-bélier : Jean Lafrenière, Gérald Charest et Simon-Guillaume Bourget. Ce jour permet aussi de souligner la résilience et la force des huit survivants.

L’Avant-Poste a souhaité rencontrer quelques-uns d’entre eux, question de savoir comment ils se portent physiquement et comment ils réussissent à vivre avec les souvenirs de ce moment qui a bouleversé leur vie. Mais, tous ont refusé.

Une douleur encore trop forte

« Je ne suis pas prêt à parler de l’événement publiquement, confie Jocelyn Ouellet par écrit. La douleur est encore beaucoup trop forte pour moi. Mais, ça va beaucoup mieux. Je vis encore un jour à la fois avec toutes mes blessures qui me rappellent cette terrible tragédie. »

« Mes petits-enfants me permettent de passer au travers, continue-t-il. Ils sont toute ma vie et, grâce à leur amour, la vie est plus agréable. Merci de me comprendre. »

Aucun souvenir de l’événement

Alors qu’il marchait avec sa conjointe, sa belle-fille, Jennifer Anctil, ainsi que les deux enfants de celle-ci, l’homme a été happé sur le trottoir du centre-ville d’Amqui. Conduit en avion-ambulance au Centre hospitalier universitaire de Québec, il m’avait raconté, un an après le drame, qu’il n’avait aucun souvenir du sinistre événement. Le sexagénaire a souffert de multiples fractures, d’un traumatisme crânien, d’un poumon perforé et de lésions à plusieurs organes internes.

« J’ai failli mourir trois fois, avait-il raconté. Mais, à un moment donné, j’ai entendu mon petit-fils de 4 ans, Olivier, qui m’a crié « Papi » et là, je me suis dit que je ne devais pas mourir. Mon petit-fils n’était pas là, mais dans mon coma, je l’ai entendu. »

Pendant notre entretien, il avait sursauté lorsque le conducteur d’une camionnette a klaxonné pour saluer quelqu’un. L’homme avouait alors être encore très nerveux lorsqu’il se retrouve dans un endroit où des véhicules circulent à proximité.

M. Ouellet avait aussi souligné qu’il tentait de penser le moins possible à ce qu’il a vécu, pas plus qu’à l’auteur de l’attaque. Selon lui, ce serait des énergies bien mal canalisées.

« Je ne veux pas ressasser mes souvenirs »

Pauline Desmarais a également décliné notre invitation. « Je ne rencontre plus de journalistes, fait-elle savoir par écrit. Je n’ai plus rien à dire que ce que j’ai déjà dit. Je ne veux pas ressasser mes souvenirs et ceux des autres. »

Gravement blessée, la septuagénaire est revenue de loin. Son mari, Jean Lafrenière, a eu moins de chance, puisque l’impact lui a été fatal.

Lors de la commémoration organisée un an après le drame, Mme Desmarais avait tenu à dire combien elle avait été touchée de savoir que les gens d’Amqui étaient derrière elle pendant son hospitalisation et sa convalescence. « Avec raison, vous avez été choqués et bouleversés par cette tragédie improbable dans notre petite ville de campagne. Mais aujourd’hui, je ne vois aucune rancœur; que de l’amour, de l’amitié et le bonheur de ressentir à nouveau la paix et la tranquillité d’esprit. »

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