Le temps passe, les blessures restent
Pour Jocelyn Ouellet, qui est ici entouré de sa famille, la douleur est encore très forte. Photo Johanne Fournier
Trois ans après la terrible tragédie qui s’inscrit à jamais dans l’histoire d’Amqui, l’heure est encore au recueillement. Le 13 mars rappelle la mémoire des trois disparus dans une attaque au camion-bélier : Jean Lafrenière, Gérald Charest et Simon-Guillaume Bourget. Ce jour permet aussi de souligner la résilience et la force des huit survivants.
L’Avant-Poste a souhaité rencontrer quelques-uns d’entre eux, question de savoir comment ils se portent physiquement et comment ils réussissent à vivre avec les souvenirs de ce moment qui a bouleversé leur vie. Mais, tous ont refusé.
Une douleur encore trop forte
« Je ne suis pas prêt à parler de l’événement publiquement, confie Jocelyn Ouellet par écrit. La douleur est encore beaucoup trop forte pour moi. Mais, ça va beaucoup mieux. Je vis encore un jour à la fois avec toutes mes blessures qui me rappellent cette terrible tragédie. »
« Mes petits-enfants me permettent de passer au travers, continue-t-il. Ils sont toute ma vie et, grâce à leur amour, la vie est plus agréable. Merci de me comprendre. »
Aucun souvenir de l’événement
Alors qu’il marchait avec sa conjointe, sa belle-fille, Jennifer Anctil, ainsi que les deux enfants de celle-ci, l’homme a été happé sur le trottoir du centre-ville d’Amqui. Conduit en avion-ambulance au Centre hospitalier universitaire de Québec, il m’avait raconté, un an après le drame, qu’il n’avait aucun souvenir du sinistre événement. Le sexagénaire a souffert de multiples fractures, d’un traumatisme crânien, d’un poumon perforé et de lésions à plusieurs organes internes.
« J’ai failli mourir trois fois, avait-il raconté. Mais, à un moment donné, j’ai entendu mon petit-fils de 4 ans, Olivier, qui m’a crié « Papi » et là, je me suis dit que je ne devais pas mourir. Mon petit-fils n’était pas là, mais dans mon coma, je l’ai entendu. »
Pendant notre entretien, il avait sursauté lorsque le conducteur d’une camionnette a klaxonné pour saluer quelqu’un. L’homme avouait alors être encore très nerveux lorsqu’il se retrouve dans un endroit où des véhicules circulent à proximité.
M. Ouellet avait aussi souligné qu’il tentait de penser le moins possible à ce qu’il a vécu, pas plus qu’à l’auteur de l’attaque. Selon lui, ce serait des énergies bien mal canalisées.
« Je ne veux pas ressasser mes souvenirs »
Pauline Desmarais a également décliné notre invitation. « Je ne rencontre plus de journalistes, fait-elle savoir par écrit. Je n’ai plus rien à dire que ce que j’ai déjà dit. Je ne veux pas ressasser mes souvenirs et ceux des autres. »
Gravement blessée, la septuagénaire est revenue de loin. Son mari, Jean Lafrenière, a eu moins de chance, puisque l’impact lui a été fatal.
Lors de la commémoration organisée un an après le drame, Mme Desmarais avait tenu à dire combien elle avait été touchée de savoir que les gens d’Amqui étaient derrière elle pendant son hospitalisation et sa convalescence. « Avec raison, vous avez été choqués et bouleversés par cette tragédie improbable dans notre petite ville de campagne. Mais aujourd’hui, je ne vois aucune rancœur; que de l’amour, de l’amitié et le bonheur de ressentir à nouveau la paix et la tranquillité d’esprit. »
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.